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Carnet de bord littéraire

Carnet de bord littéraire


Trou Noir Episode 1

Publié par Plume vive sur 31 Janvier 2017, 22:03pm

Catégories : #Ma Série

Episode 1

« Nous portons tous des masques mais vient un temps où on ne peut plus les enlever sans s’arracher la peau » d’André Berthiaume.

Je levais les yeux de mon Closer qui m’expliquait comment Nabila avait réussi à obtenir son brevet des collèges ! Miracle, elle apprenait même le français à l’école. Impressionnant ! Pas trop tôt ! Fusillant des yeux le garçon qui me poussa pour s’installer. Quel malappris !  Il aurait pu avoir la délicatesse de me demander de bouger mes longues jambes. Certes je l’aurais ignoré mais cela restait la moindre des politesses. De plus en plus malpolis cette génération. Il sentait une légère odeur de transpiration. Berck. S’était il lavé au moins aujourd’hui ? Je devrais peut être lui conseiller une marque de Déo… Je frémis en imaginant sa saleté. Un voyou sans aucun doute. Je me serrais de l’autre côté, mon sac à main coincée sous le bras, me replongeant dans ma lecture… Passionnant, la pauvre on lui avait tout pris même son île depuis son divorce avec l’autre… Quel tristesse, je ne sais pas ce que je ferais à sa place. Je tenterai peut-être d’étrangler cette pouf ! Le garçon d’à côté soupira. Qu’est ce qu’il avait lui ? Ne pouvait-il pas être plus discret ? Comme s’il avait lu dans mes pensées, il partit s’installer autre part. Heureusement que je n’avais pas du le supporter plus longtemps. Quelle odeur! Ca ne devrait pas être permis de sentir autant. D’ailleurs, rien avoir, mais il ne faut surtout pas que j’oublie d’aller chercher des sushis. Sinon je ne sais pas ce que moi et Jean-Charles mangeront ce soir. En plus belle-maman vient ! Elle va encore râler, mettre son grain de sable partout et surtout là où il ne fallait pas, me demandant une énième fois avec ses allusions grotesques si je voulais des enfants … Elle n’arrivait pas à comprendre que non, je ne souhaitais pas en avoir. Les enfants c’est chiant. Il faut s’en occuper, on devrait engager une baby-sitter en plus de la femme de ménage, et ça stopperais ma carrière. Plus que quelques mois, et je deviendrai « directrice des ressources humaines » à 38 ans. Ca le fait ! Je regarde dans mon magazine, les îles privées des stars. Si je passe directrice, non pas si, mais quand je passerai directrice, on se prendra 2 semaines de vacance dans une de ces îles paradisiaques. Seulement si je n’ai pas trop de boulot, bien entendu. Une femme me fixe sa fillette à côté. Si elle croit que je vais leur laisser ma place, elle se fourre le doigt dans l’œil. La fillette me fait penser à ma sœur. Elle a le même visage poupin, les mêmes yeux farouches. Les mêmes cheveux fins qui tombent en cascade. J’aurai  aimé qu’elle parle pour savoir si elles avaient la même voix. Ma petite sœur… Cela faisait si longtemps qu’on ne se parlait plus, qu’on  ne se voyait plus. Depuis qu’elle avait fait un burn out et m’avait balancé des choses affreuses au visage. Nous nous ignorions. Je me refusais à faire le premier pas, pas après ses propos... 5 ans qu’on ne s’était plus parlé. 5 ans presque  jour pour jour… Dès fois, l’envie de l’appeler me taraudait. Juste entendre sa voix. Une fois j’avais craqué et appelé son répondeur. Rien que pour l’entendre (en numéro masqué bien entendu). J’avais recommencé une deuxième fois mais immédiatement raccrochée quand elle m’avait répondu. Elle non plus n’avait pas d’enfants. Elle voulait adopter mais n’y arrivait pas… Son burn-out était inscrit en fer blanc dans son dossier. Les associations hésitaient à placer des enfants chez une mentalement « déséquilibrée ». C’était devenu une fervente fan du bio, et une partisante des associations en tous genre… Elle avait rencontré son copain dans une mission humanitaire. Quelque chose qui se rapportait aux enfants, à l’école, à l’Afrique ou l’Asie, je ne sais plus trop. Une association qui s’appelait quelque chose comme « un livre pour un enfant ». Je n’oubliais jamais rien. Il ne fallait jamais me croire quand je disais avoir oubliée. C’est ça qui m’avait permis de monter les échelons rapidement. Ne jamais rien oublier. Toujours être sur ses gardes. Ne pas s’embarrasser de gosses… Toujours être souriante. Toujours dire oui. Ne jamais contredire ceux au dessus. Refourguer le boulot aux autres et s’en attribuer le mérite. Ma mère ne m’aime pas. Ce n’est pas exactement vrai mais ça revient au même elle préfère ma sœur, et de beaucoup. Depuis toute petite elle prend son parti. Pour être franche au début ça m’atteignais mais en grandissant, j’ai vu à quel point ma sœur était adorable… Et maintenant j’ai vieilli. J’ai appris à mettre une distance entre moi et le monde autour. Plus rien ne m’atteint. Je suis une dure ! Les nouvelles à la télé, les mains d’un SDF qui fait la manche, les pleurs d’un enfant. Jean Charles me dit souvent que j’ai un cœur de pierre. Il ne le dit pas méchamment, il le dit c’est tout. On s’est fait une promesse : celle de toujours tout se dire parce qu’on s’aime…

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