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Carnet de bord littéraire

Carnet de bord littéraire


Ouvre les yeux Episode n°1

Publié par Plume vive sur 20 Novembre 2016, 12:52pm

Catégories : #Ma Série, #Blabla

Ouvre les yeux Episode n°1

Voici le tout premier épisode de cette série, n'hésitez pas à commenter et à donner votre avis (positif ou négatif bien entendu). Bonne lecture

Frissonnante de froid, sous ton sweet bleu nuit et mon short noir qui couvrait à peine le haut de mes cuisses, j’avançais, lentement, au grès de mes envies tandis que quelques flocons tombaient en silence sur mes cheveux. Les lumières de la ville Lumière s’était éteintes, laissant place aux doux bourdonnements des nuits parisiennes. Le soleil se levait majestueusement derrière d’immenses nuages blancs semblable à de la crème glacé. Le ciel, une magnifique aquarelle bleue marine teintés des touches rouges et or, donnait à mon esprit artistique l’envie irrésistible de peindre. Je ne savais pas où j’allais, avançant au hasard, sans réfléchir, attendant de voir où mes pas m’emmèneraient.

Quelques âmes anonymes marchaient rapidement, perdues dans leurs pensées, sans me voir. La mine fatiguée de fêtards côtoyés celle des travailleurs de l’aube au visage tous aussi abattus. Des vagabonds de la nuit, recrachés d’une boîte, dont un jeune homme visiblement éméché qui me siffla gaiement. Sans me retourner je lui répondis en sifflotant un air endiablé. Son rire résonna longtemps dans la ruelle déserte, me poursuivant comme un écho. Je devinais ce que pensait son esprit embué, que j’étais comme lui une âme échoué après une soirée trop mouvementée. Si seulement, ce n’était que ça. Tout serait tellement plus simple. Cette pensée me tira un rire, un rire dénué de joie, qui aurait donné des frissons à n’importe qui. Une sorte de toux enrouée comme celle des méchants sadiques dans les mauvais films américains.

Pour finir, mes pas m’amenèrent, sans que cela m’étonne, là où tout avait commencé. Sur ce pont des cadenas à Paris, où l’histoire avait débuté et donc où elle se finirait, en toute logique, pour un « nouveau départ ». Assise, sur le Banc, j’attendais. Le doux cliquetis de l’eau m’apaisait. Je promenais mon regard sur l’ensemble de ces marques d’amour inscrites à jamais. Avant que la mairie ne se décide à les enlever. Des C+B= cœur, ou B+G= cœur, des Laura+Max à jamais. A JAMAIS ???
Je m’effondrais, pantelante, incapable du moindre mouvement, du moindre son. Je pleurais juste. Les larmes s’écoulaient en cascade le long de mes joues, se mêlant aux flocons… Chaque flocon est unique ! En est-il de même pour les gouttes de tristesse ?
Ma vie s’échappait de moi, comme le sable qui se libère de nos mains lorsque l’on tente vainement de l’emprisonner.

Je m’avançais et grimpait sur le parpet en acier, m’asseyant dessus au cas improbable où j’aurais le courage de le faire. Mais je ne l’avais pas. J’étais quelqu’un de lâche, un des mes innombrables défauts. Son visage était imprimé sur ma rétine, me donnant l’impression de l’apercevoir partout. Sur le bateau mouche en contres bas. Dans le métro qui dévalait les rails devant. Dans l’immeuble là bas au niveau de la seule fenêtre éclairée. Dans l’eau en dessous de moi. Il me manquait et plus qu’un peu. Mon cœur se déchira à cette pensée. Une voiture passa, sans s’arrêter, sans me voir. J’étais devenue un fantôme. Mes traits s’effaçaient comme le chat dans Alice au pays des merveilles. Mais ce n’était pas mon sourire qui resterait en dernier. Je l’observais à peine, moi qui habituellement me targuais d’être une observatrice aguerrie, perdue, absorbée, noyée dans mes pensées.

Prise d’une irrésistible envie de me gratter le dos, je quittais un court instant, ma relative sécurité. Et menaçait de glisser par-dessus bord. Ce n’était pas encore l’heure, pas le bon moment. Je me rattrapais de justesse à mon sac à main qui tomba alors dans l’eau, dans un plouf assourdissant,  brisant le silence durant un instant fugace. Ferais-je le même bruit ? Ou plus encore ? Je ne le serais jamais.

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